Trafic d’armes

Une comédie dramatique
signée Florence Parly, ministre de la Défense,
et Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères

DES ARMES de fabrication française sont utilisées au Yémen dans des zones où résident des civils, rapporte, lundi 15 avril, le site Disclose sur la base d’une fuite d’un rapport du renseignement militaire présenté au gouvernement, en octobre 2018 (selon Le Figaro du 16 avril 2019).
Selon Libération édité le même jour, deux pages sont consacrées à cette publication par le média Disclose d’une note militaire remettant les projecteurs sur le matériel vendu à Riyad servant de façon offensive et non plus de façon défensive dans les rap- ports entre l’Arabie saoudite et les Houthis...
1) « Je n’ai pas connaissance du fait que des armes /françaises/ soient utilisées directement dans ce conflit », a déclaré Florence Parly, le 20 janvier 2019. Or, quarante- huit canons Caesar produits par Nexter ont été livrés à l’Arabie saoudite et des chars Leclerc sont toujours utilisés par les Émirats arabes unis...
2) « À ma connaissance, les équipements terrestres ven- dus à l’Arabie saoudite sont utilisés non pas à des fins offensives, mais à des fins défensives à la frontière avec le Yémen », a déclaré Florence Parly en juillet 2018... Un argument battu en brèche par ce rapport.
3) « Nous ne fournissons rien à l’armée de l’air saoudienne », a déclaré Jean-Yves Le Drian le 13 février2019... Or les forces aériennes saoudiennes utilisent une « nacelle » Thales Damoclès, ce pod fixé sous les avions de chasse servant à guider des missiles jusqu’à leur cible...
4) « Nous n’avons pas de négociations en cours avec l’Arabie saoudite », a déclaré Florence Parly le 30 octobre 2018. Or, en septembre 2018, dix canons Caesar ont quitté le site de production de Nexter à Roanne (dans la Loire) pour Le Havre. Dans ce port, ils ont été chargés sur un navire d’une compagnie saoudienne qui a débarqué sa cargaison dix-neuf jours plus tard à Djeddah...

Rémi Thomas
(Sources : Libération, 16 avril 2019)