L’écrivain Amos Oz

« Enfant, j’espérais devenir un livre quand je serais grand. Les hommes se font tuer comme des fourmis, les écrivains aussi. Mais un livre, même si on le détruisait méthodiquement, il en subsisterait toujours quel­que part un exemplaire qui ressusciterait sur une étagère. »
Né le 4 mai 1939, à Jéru­salem, Amos Klausner, fils d’un père bibliothécaire et d’une mère professeure d’histoire et de littérature, deviendra lui-même poète, essayiste, ­roman­cier et professeur de littérature à l’université Ben Gourion de Beer Sheva. « Jusqu’à 12-13 ans, j’étais fanatique et militariste », avoue-t-il dans sa biographie Une histoire d’amour et de ténèbres. Il relate également le suicide de sa mère, quand il avait 12 ans. Il rejoint le kibboutz de Houlda, à l’âge de 15 ans. C’est là qu’il choisira d’écrire sous le nom de Oz, qui signifie la force en hébreu ; il quitte le kibboutz quelques années plus tard, avec sa femme et leur fils. Il écrit son premier roman en 1966 et rejoint bientôt la Nouvelle Gauche sioniste, favo­rable à un partage territorial, qui s’oppose au Likoud (droite nationa­liste) de Netanyahou. Il fonde avec David Gross­man, notamment, le mouvement La Paix maintenant, en 1978, et signe, en 2018, avec les mê­mes partenaires, une lettre au Pre­mier ministre demandant le non-renvoi de réfugiés origi­nai­res d’Érythrée et du Soudan.
Je conseille la lecture de tous ses livres, notamment le dernier Judas, plein de réflexions telles que :
« Le jour où les religions et les révolutions disparaîtront – toutes sans exception –, il y aura moins de guerre sur la planète. »
« Vous avez voulu un pays, vous avez voulu l’indépen­dance. Des drapeaux, des uniformes, des billets de banque, des tambours et des trompettes. Vous avez versé des fleuves de sang innocent. Vous avez sacrifié une géné­ration entière. Vous avez expul­sé des centaines de milliers d’Arabes. À peine débarqués, vous avez expédié des cargaisons de rescapés de la Shoah directement au front. Tout cela pour fonder un État juif. Et vous avez vu le résultat ? »
« Tant qu’on transmettra à tous les bébés chrétiens, au biberon, que des créatures déicides ou leurs descendants existent encore sur terre, nous ne connaîtrons pas le repos. »
Si tu veux en savoir davantage, va voir dans ta bibliothèque locale, je n’ai pas la place d’en dire plus. Amos Oz est décédé le 28 décembre 2018, à Tel Aviv.

YLC