Le Groupe d’action et de résistance à la militarisation
Garm : Région lyonnaise, 1967 – 1984
Article mis en ligne le 17 juillet 2018

par GY
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L’Atelier de création libertaire publiera, à l’automne 2018, Résister à la militarisation* un livre d’environ 300 pages relatant l’histoire du Garm. Il a été rédigé par le Centre de documentation et de recherche sur les alternatives sociales et l’Observatoire des armements.

Le 31 janvier 1971, le grand pu­blic apprend par les médias nationaux un coup d’éclat du Groupe d’action et de résistance à la militarisation (Garm). Pour dénoncer l’arme­ment atomique, quelques mi­litants ont pénétré clandestinement et se sont volontairement laissé arrêter au cœur du poste de commandement de la force de frappe nu­cléaire du Mont-Verdun, près de Lyon. L’année suivante, à la même date, ils renouvellent l’intrusion. Entre-temps, le Garm a réuni 4 000 personnes dans une marche de Lyon au Mont-Verdun, suivie d’une fête antimilitariste.
Qui est ce groupe capable d’actions audacieuses, spec­taculaires et teintées d’humour, et capable aussi de rassembler des foules ? Le Garm s’est constitué en 1967 autour d’un noyau de militants et militan­tes aguerries dont les convictions étaient, de manière pré­pondérante, pacifistes, non-violentes, chrétiennes et/ou socialistes. D’emblée, il a affirmé le caractère politique de ses actions illégales comme « un signe de refus de la société et du système qui, en fabriquant des armes et des bombes, fabrique des morts en sursis et des pauvres dès aujourd’hui. »
Le mouvement s’est en­ri­chi de l’esprit libertaire de Mai 68 et de l’apport de nombreux jeunes. Il a systémati­quement abordé tous les as­pects de la politique de défen­se et a pratiqué et soutenu de nombreuses formes d’opposition à cette dernière en Fran­ce et à l’étranger. Ses actions et ses analyses ont largement été, notamment pour l’extrê­me gauche, le moteur de nou­velles pratiques et réflexions critiques à propos de l’armée.
Le Garm s’engage contre les interventions néocolonia­listes de l’armée française, contre le complexe militaire scientifique et industriel et, en particulier, les ventes d’armes, contre le nucléaire civil, contre l’extension des terrains militaires comme celui du Larzac. Il s’oppose à l’embrigadement du service militaire et défend les droits des soldats. Il soutient les objecteurs de conscience de plus en plus politisés et en butte aux obstacles que le gouvernement dresse contre la libéralisation du service civil. Il milite pour l’abolition des bagnes et de la justice militaires. Il lutte aux côtés des insoumis, des déserteurs et de tous les réfractaires à l’armée. Les manifestations, les grèves de la faim et les procès sont incessants.
Le Garm est solidaire des luttes internationales : en soutien aux objecteurs espagnols, une marche rallie Genève à la frontière d’Espagne via Lyon, Joan Baez offre le cachet de son concert à Lyon, le Garm bloque un train en gare de Valence… Pour protester contre les ventes d’armes fran­çaises au Pakistan en guerre contre l’Inde, un cheval de frise est dressé en centre-ville. Pendant la guerre, au Viet-nam, le consulat des États-Unis est envahi et un drapeau nazi est accroché sur la façade. Le Garm coordonne un boycott national de la firme ITT complice du coup d’État chilien.
Parallèlement à ses ac­tions, le Garm mène des études et une réflexion sur la politique de défense, politique qui ne distingue plus le temps de guerre et le temps de paix et permet de mobiliser ou réquisitionner militaires et civils, sous la même autorité et avec les mêmes obligations. Le groupe dénonce les accords Hernu- Savary qui militarisent l’éducation. Certains de ses militants et militantes animent de nombreux débats publics et publient des livres (Les Bagnes de l’armée française, La Fran­ce militarisée, Les Juges kaki) et éditent des périodiques (Lettre des objecteurs puis Objection).
Les derniers combats du Garm seront contre les euro­missiles et le surgénérateur Superphénix.

Un demi-siècle après la création du Garm, le service national est suspendu (jusqu’à quand ?). L’armée ne mérite plus d’être traitée d’armée de guerre civile ni de briseuse de grève. Mais ses opérations extérieures, souvent ineffica­ces, entraînent un chaos so­cial, source de nouveaux conflits et de déplacements de migrants, rejetés avec un cynisme criminel. Les Opex ouvrent la voie au florissant commerce des armes, si peu regardant sur la nature du régime et les pratiques des clients.
Dans la filiation du Garm, l’Observatoire des armements, centre d’expertise et de documentation, agit pour la démilitarisation. Il est partie prenante de la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (Ican), dernier lauréat du Nobel de la paix.

Centres de documentation Observatoire des armements - CEDRATS

P.S. :

*Souscription ouverte  :
merci d’envoyer un chèque de 16 €
(pour retrait sur place) ou de 20 € (envoi postal)
à L’Observatoire des armements
187, montée de Choulans 69005 Lyon.


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