Appel du Collectif : «  Non à l’Otan, non à la guerre »
Article mis en ligne le 24 février 2017

par GY
Imprimer logo imprimer

Rappelons d’abord que l’Otan a été créée en 1949 et le pacte de Varsovie en 1955. Cette organisation a dans ses ob­jectifs la conservation des intérêts politiques et économiques des pays capita­listes occidentaux, son objectif essentiel étant militaire. À ce titre, il contrevient aux termes de la Charte des nations unies qui réserve au seul Conseil de sécurité le recours à la force dans les relations internationales. Tout aussi illégale, et pour les mêmes raisons, pourrait être une Europe de la Défense.

En août 2007, le nouvellement élu président Nicolas Sarkozy annonçait de­vant le Congrès états-unien le retour de la France dans les organes du commandement intégré de l’Otan et, en 2008, il décidait le renforcement de la présence militaire française en Afghanistan. Il s’engageait, par la même occasion, à renforcer les liens entre l’UE et l’Otan.
C’est dans ce contexte que le collectif « Otan-Afghanistan, non à la guerre, non à l’Otan ; paix - liberté - démocra­tie » s’est constitué, en 2008, pour mobiliser l’opinion publique et sensibiliser les forces sociales et politiques sur les dangers de cette politique. Composé d’environ cin­quante organisations, ce collectif a participé à la mobilisation internationale lors du sommet de l’Otan, à Strasbourg, et Kehl (Allemagne), en avril 2009. Il fait partie de la coalition internationale « No to War, No to Nato » qui a organisé les contre-sommets de l’Otan de Lisbonne, Cardiff et Varsovie.

Le président François Hollande a suivi la même orientation que son prédé­cesseur en matière de participation aux opérations militaires de l’Otan, de soutien à sa stratégie de la tension en Europe et d’augmentation des budgets consacrés à l’armement et aux guerres. L’objectif de consacrer 2 % du PIB à ce budget, sans cesse répété et exigé par les diri­geants de l’Otan, est programmé pour la France. Cela représenterait une augmentation de 30 % du budget de la Défense au moment où les budgets sociaux sont à la baisse, que la pauvreté s’étend et que les inégalités se creusent.

Si, pour l’essentiel, les troupes françai­ses engagées en Afghanistan ont été retirées, le nombre des Opex, « opérations extérieures », n’a cessé d’augmen­ter, aussi bien en Afrique qu’au Moyen Orient.
L’échec de l’intervention internatio­nale en Afghanistan est patent, ce pays en sort ravagé, dévasté et divisé. Il en est de même de tous les pays dans lesquels l’Otan est intervenue, directement ou indirectement. La volonté de l’Otan de se déployer en Afrique et de développer des « partenariats », partout dans le monde, contribue à la montée des tensions et des dangers de guerre.
La « guerre contre le terrorisme » est une des justifications de la poursuite de cette politique, elle s’accompagne du soutien aux régimes réactionnaires du Moyen Orient, qui l’utilisent pour asseoir leur statut de puissances régionales. Tou­tes les guerres menées sous cette bannière ont échoué et elles n’ont fait que créer les conditions pour le développement des groupes qui se réclament d’un « islam radical ».

Les bombardements font des milliers de victimes civiles et poussent des di­zaines de milliers de personnes sur les routes de l’exil, ces réfugiés qui se heurtent aux murs et aux barbelés, aux pa­trouilles navales de l’Otan qui croisent en Méditerranée. Celle-ci a l’impudence de prétendre aider ces migrants, alors qu’elle ne fait que dresser une barrière supplémentaire.
À cela, s’ajoute, aujourd’hui, en Euro­pe même, une politique de tension et de provocations constantes à l’égard de la Russie. Pour preuves, le déploiement du « bouclier antimissile » sous le contrôle exclusif des dirigeants états-uniens, l’envoi de troupes internationales « tournantes », toujours plus nombreuses, au plus près des frontières de la Russie, la relance de la politique de la terreur nu­cléaire. L’emploi de bombes atomiques est de plus en plus considéré comme une « option possible » au mépris du caractère criminel de cette arme, tel que rappelé par la résolution de 1961 de l’AG de l’ONU. C’est le retour à l’antagonisme entre blocs qui pourrait faire de l’Europe le premier terrain d’affrontement. La Pologne a accueilli, en 2016, les manœuvres militaires les plus importantes en Europe depuis cinquante ans.
Dans ce contexte dangereux et grave pour tous les peuples, il est important que les forces démocratiques, les forces qui luttent pour la paix entre les peuples, contre les guerres de redistribution des espaces réservés entre les gran­des puissances, pour la solidarité internationale, agissent ensemble, fassent en­tendre ce cri de ralliement « non à l’Otan, non à la guerre », pour y gagner le plus grand nombre.

Plate-forme d’action

Tirant le bilan de ces années de travail, des mobilisations qu’il a permis de développer, des liens qui se sont tissés en France et au niveau international, et, surtout, devant les défis qui nous sont lancés par la politique de guerre, par la militarisation des relations internationales, par l’explosion des ventes d’armes, nous proposons à toutes les organisations qui ont participé au collectif « Otan-Afgha­nistan », et à toutes celles qui sont inté­ressées par ce combat, de continuer et d’amplifier la mobilisation.
– Le collectif propose de s’appeler dorénavant le collectif « Non à l’Otan, non à la guerre » ;
– Nous proposons qu’il se fixe comme objectif de mener un travail sur les thèmes suivants, qui peuvent constituer le corps de sa plate-forme :
u Faire grandir l’opposition à l’appartenance de la France à l’Otan, sous le mot d’ordre : « Que la France sorte de l’Otan et qu’avec nos partenaires internationaux, tous se mobilisent pour la dissolution de cette organisation de mort ».
u Mener un travail d’information, d’explication et de mobilisation sur le thème : « Non au budget de guerre » et, immédiatement, contre son augmentation de 30 % que le gouvernement fran­çais annonce.
u Dénoncer les guerres par procuration et exiger l’arrêt effectif et contrôlé des ventes d’armes aux États, aux groupes armés et aux régimes qui les utilisent contre leur peuple et/ou pour faire la guerre aux autres peuples.
u Mener un travail d’explication sur les dangers de la militarisation de l’éco­nomie, qui engloutit des sommes consi­dérables d’argent public au détriment de la satisfaction des besoins sociaux, de
l’éducation et de la santé.
u�Dénoncer la relance de la politique en matière d’armement nucléaire qui ne fait que développer l’insécurité.
u Militer pour le retrait des troupes françaises des terrains de guerre, pour le retrait des troupes françaises d’Afrique et la fermeture des bases militaires qui servent aussi à l’Otan.

Et dans les mois qui viennent, créer les conditions d’une mobilisation populaire extrêmement forte pour la tenue du contre-sommet de l’Otan qui est prévu en mai 2017, à Bruxelles.

Paris, février 2017

Actus



Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL-V3
Version : 3.79.33