La manip fourtout
Article mis en ligne le 9 décembre 2016

par GY
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L’année touche à sa fin, une fin qui justifie les moyens de certains. Pas la faim que connaissent encore trop de gens sans moyens, même en Fran­ce, pays des droits de l’homme, où l’on n’a plus, selon Coluche et ses acolytes d’il y a si longtemps, le droit ni d’avoir faim ni d’avoir froid. Et pourtant. La faim, le froid, la mi­sère, la pauvreté, l’inégalité sont sans fin. Et ce ne sont pas tous les candidats des camps-dictatures, des démago­craties, potentats potentiels, croa­ssant la croissance à tire-larigot, qui changeront quoi que ce soit. La fin des uns dépend de la faim des autres ; les seuls buts des Ubu imbus qui nous gouvernent, et gouvernent ceux qui nous gouvernent, sont leurs abus, leurs obus, leurs tohu-bohu, leurs charivaris, leurs chars qui varient pas du tout.
L’heure est grave, et vice versa. Soyons sérieux. C’est la saison. C’est l’heure. L’heure de semer, pour certains, ce que d’autres vont récolter. On vient de voir, au pays de Martin Luther King, de Joan Baez, Pete Seeger, Vol­tai­rine de Cleyre, Emma Goldmann, Emer­son, Whitman, Thoreau… dont tous les héritiers subissent malgré eux les consé­quences des séquences cons, on vient de voir, dans cette première puissance mondiale, qui assassina il y a un siècle Sacco et Vanzetti, qui assassina Albert Parsons et ses amis, qui assassine encore au quotidien, dans et hors ses frontières, on vient de voir que le pire, l’inouï, l’impensable, l’impossible, qui comme chacun sait n’est pas français, peut être amé­ri­KKKain, et surtout amer. D’où le hic.
Mais impossible n’est pas français, rassurons-nous. Cela n’arrivera pas chez nous. Car, enfin, nous sommes civilisés nous, ici, nous sommes responsables, nous savons ce qu’est la démocratie. Parlons-en.
PLUS JAMAIS ÇA. Tout le monde ou presque semble d’accord là-dessus. Sauf que le « ÇA » en question reste à définir. Le « Moi », on sait ce que c’est, certains ne le savent que trop, le « Surmoi », on l’oublie, mais le « ÇA »… ! « La partie la plus obscure, la plus impénétrable de notre personnalité. » Et je ne vous citerai pas Freud tous les jours, ça-chez-le. Le ÇA : ÇAVOIR ! Plus jamais savoir, plus jamais Çaligner. Chacun voit maudit à ça porte. Bref…
« Les vaches, les moutons, les oies, les dindons (…), pour le compte du fermier, se laissent crever la peau », disait déjà Gaston Couté, dans sa langue, il y a plus de cent ans. Sans tambour, sans drapeau, sans crier viv’ MACHIN, viv’ UNTEL, « Y bram’ y bêl’ y glouss’ tout coum’ les gens qui votent », qui crient : Prenez nos voix, dictez vos lois, tel est mon choix, telle est ma foi, ceci est mon corps, ceci est mon sang, ceci est mes sous, ce sou est messie, mais si c’est pour vous… pourtant les bêt’ a’s’laiss’pas faire, des fois… « mais les pauv’z’électeurs sont pas des bêt’ comm’ d’aut’/Quand l’temps est à l’ora­ge et l’vent à la révolte… Y vot’ ».

Moi prédisant
Donc les électeurs, se croyant toujours de zélés acteurs, heureux la plupart de faire leur devoir-sic de citoyen-sic, pensant ainsi exercer leur pouvoir-sic, les électeurs s’apprêtent à changer de tête : pas leur tête à eux, pas leur pensée, pas leur tête pensante, celle du maître, du seigneur qu’ils pensent encore à même de les sauver. Leur pense-tête en quelque sorte, leur tête dépensante, qui pense et agit à leurs dépens. Sécurité, Rivalité, Frugalité telle est désormais leur devise. La Défense, pas un qui la remette en question. On touche aux budgets excédentaires, on touche au personnel excédentaire, on va redonner au pays sa puissance, on va relancer la croissance, redonner du sens à la croix, à ce qu’on croit, à ce que tous croient, on touche surtout pas à l’Armée, notre Défense, notre Protection, notre Héros, notre terreau. Notre terreau risque gros, protégeons-le. Pas question d’envisager une quelconque réforme de ce côté-là. Et ça, quel que soit le candidat, quel que soit son camp d’idée. Moi prédisant, je ne me tromperai pas en vous pariant que rien ne va changer, pas par eux en tout cas ; ils n’ont toujours qu’une pensée en tête, guidée par l’argent, par les banques, par l’ambition, parlant mission. La croissance, toujours, le pays a besoin de croissance… Et si c’était le contraire ? Si l’on pensait l’inverse ? Tais-toi. Relisons Kropotkine, relisons même Giono : les vraies richesses ne sont pas celles que vous crois­sez. Quant à la défense, on ne tranche que celle de l’éléphant, l’ivoire vaut cher. L’y voir plus loin que le bout de sa trompe ne coûterait pas plus cher, mais moins cher. L’État, encore lui, vous culpabilise sur vos gaspillages, sur vos abus, pendant qu’en moins d’une heure, ses joujoux aériens pollueront plus que tu ne le feras en une vie humaine. Mais ça passe. Pas de remise en question de cette idole universelle qu’est l’armée.

Prêt dans six mois
Alors les électeurs ont parlé. Et à force d’élire l’incompétence, à force d’être dé­çu, à force d’être trompé, tout simplement parce que la compétence n’est pas du domaine d’un quelconque gouvernement, tout simplement parce que le Pouvoir ne Peut rien, tout simplement parce que le Peuple peut, l’Individu peut, todos podemos, everybody can, à force de ne pas se retrouver dans ce qui se fait à la tête, de ce qui se fait en son nom, de ce qui se fait à sa place, à force de ne pas approuver, une autre force naît, l’électeur devient de plus en plus citoyen, c’est-à-dire acteur, et crée des petites associations, des petits rassemblements, les nuits debout portent conseil, les jours de gloire sont arrivés, le standard sans clan fait rêver, le pouvoir est dans la rue. Mais oui, ça va réagir. De l’autre côté de l’Atlantique, où la démocratie porte aux nues et à la Maison-Blanche un dange­reux cinglé, comme de ce côté-ci où de partout renaît la Bête immonde avec ses bruits de bottes que l’on n’entend plus, canalisés, banalisés, bercés par les folles promesses des Huns et des hôtes. Le bourrage de crâne, c’est comme le bourrage de papier dans ton imprimante ; au bout d’un certain temps ça bloque, faut tout retirer. Mais vu que le temps est incertain, ce certain temps précisément n’est ni pré­cis ni défini. Quoi qu’il en soit, en vérité je vous le dis, ça va bouger. Pas les armes à la main, laissons ces ringardises aux pseudo-insurrectionnés qui viennent d’on ne sait où. Les arts à la main, la main à la pâte, la patate douce, d’où ce mouvement qui se prépare, tant on ne pourra plus très longtemps faire semblant de faire confiance à ces professionnels de la manipulation.
Plus jamais ça, certes, plus jamais sa­luer le moindre militaire, la moindre hiérarchie, plus jamais ça… briter derrière une pseu­do-défense, qui n’est qu’une dé­fense d’y voir clair. Un seul mot d’ordre, qui n’est pas un ordre, mais un conseil, et encore pas un conseil d’État, mais un conseil d’ami ; un seul slogan, une seule urgence : DÉSARMEMENT UNILATÉRAL

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