Rétrospect’Yves
Salade en novembre
Article mis en ligne le 1er novembre 2016
dernière modification le 9 décembre 2016

par GY
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QU’ON nous laisse à nos souve­nirs, qu’on nous laisse à nos âmes fortes. Ce soir, je ne sais pas trop pourquoi, c’est une vieille chanson qui me trotte dans la tête ; enfin presque : j’ai remplacé les « amours mortes » par les « âmes fortes », en pensant à Giono ; une façon de relier l’écho de cette chanson au pa­cifisme. Je te parle d’une vieille chan­son, c’était d’une jeune chanteuse, enfin, qui était jeune dans ce temps-là, comme toi, comme moi, com­me nous, comme vous. Une voix su­perbe, en plus une fille qui par­ta­geait nos idées si j’ai bonne mé­moire. C’était un temps où je m’essayais moi-même à la chanson, guitare en bandoulière aux terras­ses des cafés, mais tu t’en fous ; j’ai laissé de côté la guitare depuis, t’as de la chance. Bref, pour revenir aux vieilles chansons, aux vieilles rengai­nes, vu que nous sommes en no­vembre, y’en a qui ne se renouvellent pas dans leurs refrains, dans leurs partitions, leurs partis pris, leurs partis gris, leurs mistigris, leurs vert-de-gris, leurs grises mines, leurs ministres, leurs sinistroses, leur cynisme rose, leurs épines, leurs débines, leurs partages et leurs divisions : attention ça se prépare dur. Les guignols sont de sortie.
On te parle de primaires, à croire qu’ils vont préparer le certif. Ou le serre-vis. Le serre-vis militaire que plus d’un… voudrait bien voir rétabli : Crénom, à croire que tout le reste, c’est secondaire. C’est pour quand le tertiaire ? Ils en ont pas le niveau encore. Y’a quelque chose qui se prépare, c’est sûr, des deux côtés de l’Atlantique, et je ne suis pas sûr que ce soit la paix.
Novembre : plusieurs dates importantes : le 1er, il paraît que ce serait la fête de tout l’essaim ; la fête à tout le monde en quelque sorte ; ils ne savent plus de quel saint se jouer, alors ils nous font notre fête à tous, c’est trop gentil. Ça prépare le 11 du même mois où ils fêtent autre chose, autre fête, autre défaite, autre tête de mort, autre ligne de mire. Ça commémore, ça commet mort, ça mord, et ça n’en démord pas. Justement, en parlant de morts, de têtes de morts et de têtes à couper, c’était tout à l’heure la journée contre la peine de mort. Pas contre la plaine de morts ; ni contre les morts de peine. La peine de mort, que la France s’honore (ou sonore si tu veux) d’avoir abolie, la peine de mort existe encore dans trop de pays. Ah bon, passqueu, les interventions françaises et autres, au Tchad, en Irak, en Syrie, en Libye, en là-bas, en ailleurs, à l’étranger, à l’étrangler, aller ranger, allez rangers, ça c’est pas la peine de mort ? Non c’est pas la guillotine, c’est pas l’exécution individuelle, ça fait pas dans le détail, mais bon…
Ah oui, y’a eu aussi, l’autre jour, la journée internationale pour la paix. Non, y’a pas de faute de frappe (sans jeu de mots) il s’agit bien de la paix. Même que c’est l’ONU qui l’organise, y s’y connaît celui-là, Lonu, il est C…ONU pour ses actions (non, sans jeu de mots) envers la paix. J’ai pas dit non plus la paix à l’envers. Mais, heureusement, qu’y sont là pour nous montrer comment faire la paix. Ben oui, sinon, ce serait la guerre, à peine de remords, partout.
Allons la chasse est ouverte. Et la pê­che aussi. La pêche aux voix. Pas aux belles voix comme celle, par exemple, d’An­ne Vanderlove, entonnant sa Ballade en novembre, ou Les Fusils, ou d’autres belles chansons. Non, là, c’est la pêche aux voix pour une balade en nos chambres ou une balade en nos ventres avec leurs luttes intestines qui nous font des nœuds d’estomac. Surtout que novem­bre, c’est, outre le mois où naquit, en 1494 (avant-hier), Soliman le Magnifique, outre le mois de naissance de Marie Curie, c’est aussi celui d’un certain De Gaulle, grâce auquel, sans doute, tout le monde est Gaulois, même quand Hongrois avoir des ancêtres étrangers ; la gauloiserie, ça se mérite. Tous Gaulois et sus à l’envahisseur (le non-gaulois). Mais attend, c’est aussi le mois de naissance d’un certain Pino quoi, non pas Pinocchio, Pinochet. Je dis ça comme ça, toute ressemblance, tout rassemblement, avec des personnes croyant exister serait impurement fort cuite. C’est comme ça qu’on dit, non ?
ENFIN, C’EST PAS TOUT ! Novembre a vu naître aussi un certain Voltaire, alors tout n’est pas perdu. En notre époque où la laïcité, comme ses sœurs fraternité, li­berté, égalité, humanité sont mises à mal, maltraitées par leurs homorimes : facilité, adaptabilité, opportunité, débilité, fata­lité, disparité, prospérité, précarité, rivalité, adversité, jeundescités, atrocité, austérité, autorité… il faut, plus que jamais, s’accrocher à défendre nos idées, nos symboles, nos valeurs, nos vérités. Et, pour finir, on peut bien saluer un prix Nobel : celui de littérature attribué, en 1997, à Dario Fo, lequel pousse le cynisme militant jusqu’à mourir le jour de l’attribution de ce même prix à un autre perturbateur, du moins à une certaine époque où il s’opposait avec Joan Baez à la guerre du Vietnam. Dylan a sans doute bien changé. Est-ce qu’il « mérite » cette « récompense », peu importe. Pour ce qui est de Dario Fo, retenons quand même de lui ses nombreuses pièces subversives, notamment Mort accidentelle d’un anarchiste relatant l’assassinat non avoué de Giuseppe Pinelli, tombé « ac-ci-den-tel-le-ment » par la fenêtre d’un commissariat… Autres temps, mêmes mœurs.
Pour clore ce petit aperçu d’événements divers, ou d’automne, pour finir cette petite balade, cette petite ballade en novembre, je salue une nouvelle fois la voix d’Anne Vanderlove (c’est beau un nom qui finit par love) et je vous dis à bientôt.
Qu’on me laisse à mes souvenirs, qu’on me laisse à « mes âmes fortes ».
Mais, avant de fermer la porte, qu’on nous laisse le temps d’en rire.
Le temps d’essayer d’en sourire.

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