Quel acharnement
Soutien à Pinar Selek

Dans le dernier numéro de notre journal un article est consacré à Pinar Selek et son nouveau procès du 28 juin 2024
Voici le texte que j’ai lu à l’hôtel de ville de Lyon l’après-midi du vendredi 28 juin pour soutenir notre amie.
J’avais écrit mon intervention à la façon d’un conte en hommage à Pinar qui a écrit et écrit des contes et dont l’enfance a été marquée, entre autres, par les contes racontés au sein de sa famille.
J’ai été obligé de modifier sur la fin car le procès de Pinar a été encore reporté au 7 février 2025 avec, comme chaque fois, des prétextes fallacieux des juges
Un acharnement politico-judiciaire scandaleux qui justifie pleinement que l’Observatoire des armements et que l’UPF soutiennent Pinar Selek de toute nos forces depuis plusieurs années.
Autrement, en présence de Pinar, ce fut un chouette après-midi de solidarité et de vivre ensemble incroyable au sein de l’hôtel de ville de Lyon avec le soutien inconditionnel de la mairie écologiste de notre ville.
Pinar a des liens très forts avec Lyon et ses militants de toute sensibilité : syndicale, antimilitariste, féministe, LGBT, des Arméniens, des Kurdes, etc.
N’importe comment, je pense que le procès sera peut-être encore une fois reporté car je suis persuadé que le gouvernement turc souhaite son extradition pour la juger pour "acte de terrorisme" et la condamner en définitive à une lourde peine de prison.
De ce fait, il faudra encore soutenir Pinar le 7 février 2025.
.

Maurice Balmet

Il était une fois dans un pays d’Orient la jeune Pinar Selek qui vivait heureuse auprès de sa famille et ses amis. Elle espérait que les habitants de ce beau pays vivraient d’amour, qu’il n’y aurait plus de misère et que ce sera la paix sur terre où les militaires deviendraient troubadours.
Elle construit sa vie, ses engagements et ses recherches autour de l’adage « la pratique est la base de la théorie » ce qui l’amène à rencontrer des objecteurs de conscience et à s’interroger sur la construction de la masculinité dans le contexte du service militaire en Turquie, ce qui fera l’objet de plusieurs ouvrages.
Elle redouble d’énergie pour contribuer à enrayer les guerres et les mécanismes de pouvoir et s’engage notamment dans les mobilisations contre les violences faites aux femmes, pour la paix et contre toutes les dominations, notamment celle du militaire.
Ainsi, dans le monde mystérieux des sorcières, Pinar a remué le chaudron militaire turc pour dénoncer la production de la violence et éviter enfin de devenir des hommes rampants de la société turque.
Hélas, un tyran prit le pouvoir et, sous son joug, la pauvre Pinar Selek fut poursuivie par la justice et la police de son pays. Elle fut alors emprisonnée dans les sinistres geôles avec nombre de ses compatriotes épris de liberté. En prison elle poursuit ses travaux de recherches mais tous ses textes sont confisqués. Une grande solidarité se met en place et elle est enfin libérée, mais elle doit s’exiler dans la patrie dite des droits humains pour se protéger des injustices proclamées contre elle depuis de nombreuses années.
Installée un temps à Lyon, par le truchement de Silence, elle rencontra un jour l’Observatoire des armements/CDRPC (Centre de Documentation et de Recherche sur la Paix et les Conflits) qui ne pouvait que prendre faits et causes pour les combats humanistes, féministes, pacifistes et antimilitaristes de Pinar Selek.
Et depuis, à l’Observatoire des armements, nous suivons attentivement ses aventures livresques ainsi que ses déboires ubuesques face à l’acharnement politico-judiciaire du pouvoir turc.
En ce 28 juin de l’an de grâce 2024, comme vous tous ici réunis, à l’Observatoire des armements, nous aurions espéré la fin de ce cauchemar judiciaire pour Pinar, et, comme dans les contes de notre enfance, nous souhaitons fortement que le 7 février 2025 une conclusion heureuse où la justice retrouvée triomphera.