"Retour en France" de René Tardi
Article mis en ligne le 24 février 2015
dernière modification le 6 novembre 2015

par la webmestre
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« Moi René Tardi, prisonnier de guerre au STALAG II B » Volume 2. Casterman. 2014. 25 €.

Vous pouvez y aller en toute confiance, ce volume est exactement égal au précédent.

Même façon de relater l’épopée de son père, même souci maladif de l’exactitude, même air faussement indifférent du père, même compassion systématique du fils, mêmes considérations profondément pacifistes sur les événements, même horreur de la guerre.

On ne change pas un Jacques Tardi.

Son astucieuse mise en scène de lui-même, encore pas né à l’époque, dans les jambes de son père en toutes situations, apporte le recul nécessaire à la perception pour le lecteur de la relativité des drames, joies, sentiments, émotions, attitudes. Jacques enfant, qui sait ce que nous savons aujourd’hui, nous apprend ou nous rappelle des faits historiques dont son père n’avait pas idée alors.
Le ressenti de Jacques, en 2014, qui est forcément proche du nôtre en tant que pacifistes intégraux, constamment rappelé par l’adolescent à béret et culottes courtes, contraste terriblement avec le fatalisme apparent de son père. On pourrait compter les « c’est dégueulasse ! » que ne manque pas de s’exclamer le gamin à chaque évocation d’une saloperie de guerre.
Nous le savons tous, il y a des saloperies dans la guerre, mais la pire des saloperies est bien la guerre elle-même, et les meilleurs des gars remplis des meilleures intentions, quand ils se trouvent en situation, peuvent rapidement être amenés à faire aussi pire que leurs bourreaux d’hier.

Ça fait toujours du bien de se le faire redire, surtout quand c’est fait de manière artistique, dans une BD vraiment superbe.

La relation, par Dominique Grange, et par Tardi, de leur voyage en Pologne pour éclaircir certains points obscurs des carnets de René, est bouleversante à bien des égards.

Conclusion ? Toutes les relations de guerres peuvent être pleines d’enseignements, si elles sont faites par des gens honnêtes et foncièrement bons, et surtout à esprit indépendant.

Si un jour Tardi tombait sur un cahier de souvenirs d’un ancêtre qui a fait la guerre de 70, nous serions preneurs.
J.-F. Amary.

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