Objection dans le monde

Chypre

Alexia Tsouni (BEOC-EBCO) nous informe que le procès prévu pour le 1er février 2024, de l’objecteur de conscience turco-chypriote Halil Karapaşoğlu, devant la cour de justice militaire de Nicosie, a été reporté au 14 mars 2024. Il est poursuivi pour les même raisons depuis 2019 déjà alors que son cas d’objection de conscience a été examiné par la Cour Européenne des Droits de l’Homme. A part son refus pour raisons de conscience, il n’y aucune autre charge contre lui. Les quatre organisations BEOC-EBCO, IFOR, IRG-WRI et Connection e.V. réclament le retrait pur et simple de toutes les charges contre Halil.
Pour Mustafa Hürben, un autre objecteur de conscience de la partie turque de Chypre, il connaît un peu la même situation, mais a été condamné à une amende de 800 TL (environ 25 €) que Mustafa a refusé de payer, ce qui l’a reconduit en prison.
Derek Brett, pour le BEOC, et Merve Arkul, pour l’IRG, étaient présents le 18 janvier et en qualité d’observateurs.
Une lettre vient d’être envoyée par Alexia aux autorités turco-chypriotes afin de plaider la nécessité urgente de reconnaître le droit humain à l’objection de conscience contre le service militaire, droit inscrit dans la loi en accord avec les standards européens et internationaux.
Alexia et Derek ont rencontré l’avocat de Halil ainsi que d’autres objecteurs turco-chypriotes. Un grand merci à Murat Kanatlɪ, objecteur militant, et à Gina Chappa , nos amis de l’Initiative pour l’objection de conscience à Chypre pour l’excellente organisation de tout cela. Il y avait aussi pas mal de personnes venues en solidarité et plusieurs médias.
Rappelons que le droit à l’objection de conscience au service militaire fait partie du droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion, droits garantis sous l’article 18 de la Convention Internationale sur les Droits Civils et Politiques (International Covenant on Civil and Political Rights ICCPR). Ce droit est irrévocable même en période d’état d’urgence, conformément à l’article 4(2) de la même convention.
ebco-beoc.org

Belgique

Voici la question posée au Parlement belge par Els Van Hoof , membre chrétien-démocrate du parlement fédéral, à la ministre (même parti) en charge de l’asile et des migrants. Nous attendons la réponse. Un grand merci pour leur coopération à Annemarie de Pax Christi de Flandres, à Kornée du groupe Quakers de Gent et à Ludo de l’association Vrede.

Madame la Secrétaire d’État, Comme vous le savez, le droit au refus du service militaire est reconnu par la loi internationale. Conformément au Conseil des Nations Unies pour les Droits de l’Homme, ce droit figure, par exemple, dans l’article 18 de la Convention Internationale pour les droits civils et politiques.La Cour Européenne des Droits de l’Homme reconnaît ce droit également. La guerre en Ukraine a amplement révélé à quel régime les soldats russes sont soumis. Il est à craindre que des ONG telles que Pax Christi belge de Flandre soient exposées à des risques en Russie, de même au Belarus. Aussi est-il nécessaire de prendre toutes les mesures permettant d’offrir à ces personnes la protection internationale. Dans une résolution du 26 février 2023, le Parlement Européen de son côté, a appelé les États membres d’offrir protection et asile aux personnes venant de Russie et du Belarus se trouvant persécutées pour avoir exprimé leurs points de vue ou pour avoir protesté contre la guerre, et d’offrir, de même, protection et asile aux déserteurs et aux objecteurs de conscience. Voici ma question : Qu’avez-vous entrepris afin d’assurer un accès adéquat aux procédures d’asile pour les objecteurs de conscience russes ou biélorusses ? Combien de demandes d’asile y-a-t-il, depuis le début de l’invasion russe, sur la base de la peur d’être persécuté pour des raisons de conscience ? Combien parmi ces demandes ont effectivement abouti à l’obtention de l’asile dans notre pays ? Combien de demandes ont été rejetées ?
Transmis par Sam Biesemans, du BEOC

Tunisie

Chaïma Issa, a été condamnée à 12 mois de prison avec sursis par le tribunal militaire de première instance de Tunis, le 13 décembre 2023. Elle est interdite d’apparaître en public et de voyager. Elle a été déclarée coupable d’inciter les militaires à désobéir, de partager des rumeurs et d’offenser le chef de l’État.
Il s’agit là d’une atteinte manifeste à la liberté d’expression de cette écrivaine célèbre.
Amnesty International demande d’écrire pour obtenir le respect de la liberté d’opinion à Kaïs Saïed, Président de la République, c/o Ambassade de Tunisie, 25, rue Barbet de Jouy, 75007 Paris