Le vent du boulet
Article mis en ligne le 23 mai 2014
dernière modification le 4 juin 2014

par la rédaction
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Ce sujet, traité par deux universitaires, nous fait entrer dans le monde merveilleux de la psychiatrie militaire fran­çaise, en retard par rapport aux autres pays euro­péens, et de son rôle durant 1914-1918.

Comment les hommes en­trent-ils dans la folie, même parfois sans avoir combattu ? Étaient-ils déjà des psychotiques, des débiles, des alcooli­ques ou des syphilitiques ? Ce sont des victimes d’un nouveau genre, sont-ils réellement malades ou des simulateurs pour éviter les tran­chées ? Les lieux de prise en charge étaient-ils adaptés à leur pathologie ? Devaient-ils être suivis par des aliénistes, des neurologues ou des psychiatres ? Ces 400 pages nous montrent l’incompétence, les errements et les balbutie­ments de la psychiatrie militaire, avec des pratiques peu innovantes, qui conduisirent malheureusement de trop nombreux hommes devant le peloton d’exécution. Durant cette période, la psychiatrie a fait beaucoup moins de progrès que dans le domaine chirurgical !

Combien de soldats et même de civils ont été tou­chés, dont les effets pour les survivants ont perduré jusqu’à la deuxième grande bou­che­rie ?
Des témoignages de pro­ches ou des malades eux-mêmes nous interpellent tragi­quement. Toutes ces mala­dies dues à la guerre sont main­tenant reconnues.

Nous avons l’exemple d’Eugène Bouret (27 ans), mobilisé dans l’artillerie, soufflé par l’explosion d’un obus, le 29 août 1914, en état de démence par commotion cé­rébrale, constatée par le méde­cin de son régiment. Il s’égare en direction du poste de se­cours et erre à l’arrière du front. Arrêté, puis jugé par un conseil de guerre, il sera fusillé le 7 septembre pour aban­don de poste devant l’ennemi. Il a été réhabilité en 1917…

Roger Guerault


Stéphane Tison, Hervé Guillemain, Du front à l’asile, 1914-1918, Alma éditeur.

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